Le fort des Anglais

Mardi 25 mars 2008, par Fil — Historique (Le Fort)

On l’appelle le « fort des Anglais », en raison d’un usage militaire à l’époque de Jeanne d’Arc :

... Après la bataille de Beaugé , où les
Français remportèrent la victoire ( 1421 ),
4 000 Anglais, pour se dérober à la pour-
suite de leurs vainqueurs , passent le
Loir près la Fléche, dirigent leur fuite
vers le Mans , où ils se proposent de
passer la Sarthe sur un pont de bois,
qui était au confluent de cette rivière
et de celle de l’Huîne. Trompés dans leur
attente, parce que les planches de ce pont
étaient abattues , ils prennent des croix
blanches sur leurs casaques, pour faire
croire qu’ils étaient Français et par-
tisans du dauphin ; par cette ruse, ils
n’ont pas de peine à engager de crédules
paysans à raccommoder le pont. Mais ces
perfides, après avoir passé la rivière,
rompent le pont, et tuent traîtreusement
les pauvres gens qui venaient de leur
rendre service. Ils s’enfuirent vers Chartres
et Alençon, sans qu’on puisse les
atteindre. La nation anglaise, dans presque
tous les tems, a signalé sa rivalité
et sa haine contre la France, par des
traits affreux de cruauté, et quelquefois
de l’ingratitude la plus noire.
Le dauphin, qui fut ensuite Charles
VII, instruit de la victoire de Beaugé,
part de Poitiers, vient à Tours, de-là
au Mans, et prend en passant le château
de Montmirail. Il se rend à Sablé, où il
fait heureusement, avec le duc de Bretagne ,
une alliance offensive et défensive
contre les Anglais. Ensuite il envoie une
partie de ses troupes jusqu’au gué du
Loir, où elles se rangent en bataille dans
une position avantageuse, pour disputer
ce passage au roi d’Angleterre, qui n’ose
hasarder de combattre, mais qui prend
le chemin de la Beauce, le long de la
rivière du Loir. Ce prince s’empare, en
passant, du château de Rougemont, y
fait mettre le feu, fait pendre le capitaine
de la petite garnison, et tous ceux
qui la composaient. La cruauté et le mépris
du droit des gens forment-ils une
partie du caractère anglais ? Question
importante pour l’humanité et pour l’histoire,
et dont l’examen impartial et sévère
amènerait, je pense, une solution
qui ne ferait point d’honneur à ce peuple
toujours agité et toujours, agitant les
autres.

ça se trouve page 344 des Essais historiques et littéraires sur la ci-devant Province du Maine de Pierre Renouard (1811), qui vient d’être numérisé à l’université du Wisconsin et mis en ligne sur google books
http://books.google.com/books?id=QD... (on peut télécharger le PDF complet ici [25 Mo]).

Ajout du 11 novembre 2010 : la source principale de ce passage semble être le manuscrit de Dom Jean Colomb.

Il existe d’autres livres sur la guerre de 1870 qui évoquent le Gué du Loir : notamment la bataille d’Azé, le 6 janvier 1871, au Moulin de la Galette. Mais c’est pour un autre article (cf.La bataille de Galette à Azay).



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